Dans ce second album, Laughing Seabird creuse le sillon de sa folk-pop envoûtante, élégante, et énergisante : des arrangements aux influences souvent celtiques et floydiennes, des mélodies qui nous restent en tête, et une voix ample, expressive, percutante ou douce. 

 

En français ainsi qu’en anglais, la poésie de ses textes réalistes ou enchanteurs invite à accueillir nos vulnérabilités comme autant de forces en puissance et de moteurs à nos envies. On ne sera jamais invincible, mais on peut devenir indivisible, unifié.

 

Welcome to The Transformation Place !

I Feel Fat : Ambiance de folk irlandaise au far west, cordes voluptueuses et touche de country… Laughing Seabird aborde ici une sensation partagée par beaucoup de femmes sous influence des images médiatiques et qui concerne tout le monde. Car cet état dans lequel on (se) remplit pour combler un vide affectif, spirituel ou autre, c’est aussi I feel fed up with everything: trop de tout ! de consommation, de sollicitations pour convenir au goût du jour. Entrer dans le moule, le corset, ne nous satisfait pas vraiment et nous étouffe.
À nous de ne pas être dupe, d’œuvrer à ressentir ce qui nous va bien !

 

Vivre (No Way Back) : Une voix empreinte de douceur, une guitare encourageante aux accents hispaniques, une batterie solide et des cordes rassurantes, c’est ce qu’il fallait pour raconter que Vivre est un chemin sans retour, car une fois qu’on a dit ça !… Il ne s’agit pas d’en faire tout un plat, mais de s’engager. De tes pas nait une route alors go, go, go, il ne faut rien, tu ne dois rien, mais puisses-tu cultiver ce que tu es, provoquer cette chance simple et sublime : te passionner même sobrement, et en éprouver de la joie. On ne sera jamais invincible, mais on peut devenir indivisible, unifié.

 

Direction Oubliée (Let Go) : Une folk celtique aux ponts et solos planants pour rappeler qu’on a tous notre lot d’impuissances apprises, surtout lorsqu’on n’a pas été conduit avec ouverture d’esprit et tolérance, pas été sécurisé, rassuré, mis sur la voie… Résultat : figé, frustré, fasciné, formaté, fatigué, (en)fermé, il arrive qu’on ne sache plus où on va – ou qu’on aille trop là où on nous dit d’aller… qu’il n’y ait plus de sens. Direction Oubliée. Ok, Let Go, lâche, c’est ce qu’il y a de mieux à faire, accueillir, ne pas en rajouter, te culpabiliser de ne pas être ceci, cela, de ne pas réussir, réussir quoi ? Il y aura de meilleurs moments, les fleurs s’ouvriront, des sourires naitront à nouveau sur ton visage, et ce que tu crois une impasse, est une porte.

The Transformation Place : Attention ça va planer… un petit tour dans les 70s et une dose de psychédélisme pour aller ouvrir les portes de nos perceptions, mais pas question de s’endormir : quel qu’en soit le prix, car on n’a rien sans rien, ne pas lâcher nos objectifs, les petites transformations souterraines mènent à coup sûr à de grandes. Pour peu qu’on fasse un pas de côté, le monde n’est pas ce qu’il parait, après tout nous ne sommes que nos perceptions… Ouvrir, approfondir, affiner, ne pas se fier au premier regard, il y a tant de niveaux à visiter, tant de voyages intérieurs à faire !

 

My Shell : Des cornemuses lancinantes, une guitare façon sitar, et une batterie majestueuse favorisent l’envol de la mouette rieuse et reconnaissante, qui a pour ami un coquillage. Pose ton oreille dessus et tu entendras la mer, pose ta tête sur mon épaule et tu reprendras confiance. Pour qu’un enfant se lance sur deux pieds, il faut en amont le soutien et la douceur. Parfois l’émotion d’un sourire, d’un bonjour… d’un petit mot d’amitié ou d’amour, nous reconnecte avec quelque chose de puissant. C’est mystérieux, c’est l’émotion. C’est le mouvement, revenu là où on était figé, fatigué… Retrouver le mouvement, redéployer nos ailes, aller vers une légèreté, une ouverture, un échange, et reconnaitre la gratitude. Oh this is strange…

 

In Spite Of : Juste un picking qui rappelle le Blackbird de McCartney, pour évoquer qu’il y a des êtres qu’on perd… il aura peut-être fallu qu’ils partent pour leur pardonner totalement. C’est tenace la colère, pourtant la séparation irréversible vient parfois mettre les compteurs à zéro, cuire à petit feu les incompréhensions, les communications difficiles. Alors, en dépit de tout, reste au fond de la marmite une réduction de sauce, un nectar de doux regret, et d’amour. 

Le Somptueux Règne des Absents : Ici on est pop plus que folk, ici on ne s’apitoie pas même s’il y a donc, oui, des êtres qu’on perd… et qu’un manque incontournable parfois s’installe. Mais qui n’a son cortège d’absents ? Comment rester en contact avec eux, par le souvenir ou en leur parlant tout haut comme s’ils pouvaient nous entendre ? On les imagine parfois quelque part, de l’autre côté… un somptueux règne des absents. C’est un de nos remèdes, c’est rassurant.

 

L’Appel du Monde : Sur un arpège-guide, une jarre omniprésente et une basse qui dessine des paysages, aller voir comme le monde est vaste, aller voir par soi-même… l’ailleurs, l’autre, l’autrement. Quitter nos habitudes et ce qu’on croit connaitre, escamoter les systèmes qui nous noyautent, se laisser laver, soigner par le voyage, en répondant à l’Appel du Monde.


Sailor Song (de Rickie Lee Jones) : 
Portés sur une guitare aquatique et des cordes en ressac, être heureusement pris dans les filets du destin, et prendre la mer : accepter un nouveau départ plutôt que fuir. Parfois on n’a plus le choix, on vire de bord plutôt que chavirer… et l’inattendu se produit, une transformation profonde qui mène à changer de vie, une honnêteté intrinsèque et une conscience de ce qui compte, au long cours. 

Karmen KéroZen : Le morceau rock de l’album ! Ah Karmen, elle peut avoir tous les looks, tous les visages.
En voilà une qui a pris un nouveau départ. Elle a craqué, un jour : sa vie pourrie en banlieue, la grisaille, le béton, la pollution, y’a plus eu moyen, elle s’est vue enterrée vivante, flétrie avant l’âge. Elle a taillé la route et fini par trouver sa place, dans la simplicité et l’accueil… derrière son fameux bar de la plage. C’est une reine Karmen !

Scarborough Fair : Cette ballade traditionnelle anglaise datant du moyen âge et popularisée par Simon and Garfunkel confère à l’auditeur un rôle de messager entre deux anciens amoureux. Pour raviver les sentiments, il faudrait accomplir des tâches irréalisables. L’amour souhaité ne pouvant exister, il en reste le manque et la nostalgie d’un désir. La vie n’est pas propice, il y a toujours des prétextes… Soit, l’amour n’est que preuves, mais ne demandons pas l’impossible pour autant, et osons l’élan initial d’une confiance !

 

Les Filles Sages : Naitre femme, à peu près partout sur la planète, c’est partir avec des preuves à faire… et ça conditionne. C’est un chemin d’affirmation d’identité, et de fait, une jolie chance aussi. Avec légèreté et malice, cette chanson est une petite profession de foi prononçant le voeu de n’être pas sage, car le paradis, c’est maintenant et ici.

Welcome to
The Transformation Place !

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